Lundi 26 janvier 2026

Posted By: Gabriel Feret In: Journal d'un libraire On: lundi, janvier 26, 2026 Hit: 26

Chose peu habituelle pour un lundi, je pars vers C au matin sans avoir traité mes commandes. J’accompagne A et N, qui n’ont pas de véhicule, faire leurs courses à l’hypermarché. Ma voiture leur permet d’acheter de plus gros volumes. Je leur avais déjà rendu ce service en fin d’année dernière. J’en profite pour effectuer quelques modestes emplettes, boire un café à la cafétéria, curieusement fréquentée par des retraités qui se retrouvent pour lire le journal, prendre le temps de parler dans une matinée qui s’étire. Comme la fois précédente, A et N m’invitent à déjeuner avec eux. Nous partageons un moment en discutant du métier, de la rencontre avec Laurent Mauvignier qui a eu lieu jeudi soir dernier. Les échanges riches me laissent bonne impression. Nos liens se resserrent avec le temps. Comme avec RM, dont nous avons parlé et que je suis allé rencontré la veille. Il m’avait confié son premier roman et attendait, sinon une véritable critique, un retour un peu circonstancié. Mais je laisse mes amis en début d’après-midi. Mes chiens m’attendent et A s’étant fait stérilisé vendredi dernier, je tiens à ne pas les laisser seuls trop longtemps. Ils m’accueillent avec joie. Je les nourris, en donnant croquette après croquette à A, très gêné par son carcan, qui lui entoure la gueule pour lui éviter d’attaquer sa cicatrice et ses points de suture, avec les risques d’infection que ce fâcheux incident pourraient entraîner. Enfin, je descends au sous-sol, mais les colis se dénombrent à la baisse cette semaine, je termine en moins de deux heures. Nous partons alors, les chiens et moi, pour une promenade par le centre, où ils trouvent à se régaler de trois frites laissées à l’abandon sur le trottoir. Au retour, je reprends la saisie sans attendre. Même si j’assure mon travail sans rechigner, j’ai levé le pied en ce début d’année, consacré davantage de temps à la lecture, mais aussi à l’écriture, à la préparation d’un projet, somme toute déjà ancien. Cette fois pourtant, j’effectue un travail préliminaire, sans me lancer à l’aveugle, plutôt que de noircir des pages sans saveur, voire mauvaises. A la relecture du manuscrit, que j’avais laissé de côté, je me suis rendu compte qu’il ne restait pas grand-chose à sauver. Pourtant, ce travail avait eu le mérite de me donner des idées de structure et de style. J’ai ouvert hier, aussi, le cours de Gilles Deleuze Sur l’appareil d’Etat et la machine de guerre