Jeudi 20 novembre 2025

Posted By: Gabriel Feret In: Journal d'un libraire On: jeudi, novembre 20, 2025 Hit: 236
Deux colis ce matin à envoyer après la promenade réglementaire avec les chiens. J’ai donc achevé la moitié du travail de la journée avant la fin de matinée. J appelle pour me raconter les suites de ses problèmes relationnels de travail, et de ceux avec JM. J’admire la place qu’elle a adoptée. Que d’évolution depuis que je la connais ! Elle demande des nouvelles de M et A qu’elle récupèrera dimanche. Avant de partir pour KB, j’ai le temps d’envoyer mes documents justificatifs en vue de mon contrôle annuel, de saisir quelques bande-dessinées en stock. Je pars vers les coteaux, m’enfonce dans la vallée. Il me semble parfois procéder par évitement à KB, mais peut-être la marche vers l’authenticité, vers l’acceptation des révélations que j’ose voir passe-t-elle par les circonvolutions du discours, les lignes détournées. Comme en littérature, sans doute, il est nécessaire de prendre le temps de narrer, de passer par le futile. Je rentre pourtant allégé, porté par une émission de radio qui interroge l’art de la copie, une autre, singulière, où j’entends l’autrice américaine Robin Coste Lewis. Après quelques courses, nous partons par le pré avec M et A. Ils s’en donnent à coeur joie, courant et chassant, s’attache de minuscules graines collantes au poil, que M s’appliquera plus tard à ôter sur le pelage de A. Nous passons à côté du cimetière, puis revenons sur nos pas à une encablure du centre, par l’allée des senteurs. On relèvera l’ironie du nom, quand les plantes aromatiques luttent contre le passage incessant des chiens. A mon retour, je trouve curieusement un message d’Elle, alors que je l’espérais à cet instant, juste avant de consulter mon téléphone. Il faut préciser que cet espoir courant se suit souvent de déception. Pour autant, il se trouve que je vivais moins dans ce type d’attente les derniers temps. Je rassure mon amie, puisqu’il s’agit souvent d’une histoire de réconfort entre nous. Je m’apprête à travailler, mais le site a planté. J’appelle alors SD et ADC, dîne avant que je puisse achever mon lot quotidien. 
Je souhaite que les voies évoquées ces derniers jours se transforment en lignes de fuite, mais sans peine, surtout, sans souffrance inutile, ce que je ne supporterais peut-être plus. Comme je l’écrivais un peu plus haut, le travail exige une minutie qui supporte de n’omettre aucun détail. Sans doute ne puis-je compter sur aucune épiphanie ou décision radicale. Je ne peux maintenant que progresser patiemment, mot après mot, souvenir après souvenir, comme j'ajoute des livres au stock.