Pour une fois encore cette semaine, les chiens m’entourent dans le lit au matin. J les emmènera plus tard. Un étrange rayon de soleil perce et illumine l’obscurité qui règne ici depuis une dizaine de jours. Cependant, quand nous sortons, il se remet à pleuvoir. J’ai le temps de confectionner la dizaine de colis du week-end avant que J n’arrive. Elle est exténuée. Nous déjeunons sans trop parler, puis partons tous vers S où J doit me déposer pour chercher la nouvelle voiture. Elle ne s’attardera pas. Je retrouve le jeune M. A, avec qui j’ai eu une bonne relation. Il s’est même versé en quelques confessions privées, son mariage du mois prochain, le même jour que celui de son frère, sa future belle famille. Un type sympathique, turc-allemand ou kurde-allemand, je ne sais pas. J’ai remarqué le petit chapelet qui pend discrètement au dessus du bureau, dans un pré-fabriqué lugubre et froid. M. A me donne ma facture, installe les plaques d’immatriculation provisoires et je pars vers M où m’attend MD. Elle partira en vacances à la fin de la semaine, nous profitons donc de mon crochet ici pour prendre une tisane. Je constate en parlant avec elle comme nous avons vieilli. Son fils, en vacances, s’amuse avec des amis dans la cave. Nous les entendons en s’entretenant du temps qui passe, des amours déçus, de psychanalyse. C’était hier que mon amie et moi étions à leur place. MD se montre très maternante avec son fils et ses amis, ce qui semble lui plaire. Elle m’explique aussi les solutions qui se présentent pour la maison qu’ils occupent tous les deux, suite à sa séparation il y a 6 ans. Son ex-conjoint pourrait tout simplement revenir vivre avec elle, mais en tout bien tout honneur, dans des logements séparés, ce qui fait secrètement sourire. Je repars en fin d’après-midi vers ma maison vide. J et moi finalement avons aussi trouvé une sorte de mode de relation qui nous convient. Je m’occupe encore de colis. ADC appelle, me raconte ses histoires de divorce lui aussi, vient aux nouvelles de « l’état du marché. » Je me doutais qu’il ne reviendrait plus dans le métier, ce qu’il m’annonce. Au soir, je m’applique à saisir des livres de M. et Mme T. J’en viens à bout doucement.
Hier, Elle m’a envoyé quelques nouvelles. Elle commence un stage aujourd’hui pour deux semaines, pendant ses vacances, quel courage. je ne me résous pas à l’irréalité de cette relation, surtout quand quelques messages fendent les montagnes qui nous séparent. Mais je devrais. J’ai pensé au travail, hier soir, à sa nécessité, pour tenter d’oublier cet échec, qui me poursuit depuis plusieurs années maintenant.