J m’appelle en pleine nuit, alors que je venais de trouver le sommeil, il est 2h du matin. Elle va emmener A chez le vétérinaire de garde, il n’est pas bien, elle me rappellera plus tard. J’attends donc, à la fois fatigué et préoccupé, inquiet. Je lis Bergounioux pour faire diversion, tente de trouver le sommeil en ayant pris soin d’allumer la sonnerie de mon téléphone, sans succès. Finalement, J me rappelle vers 4h. Rien n’a été décelé, peut-être une gastro-entérite, il lui a été administré des anti-inflammatoires. Attendons demain. Je raccroche, mais ne trouve pas le sommeil. Je m’endormirai au petit matin pour me réveiller peu avant dix heures. Il n’y a pas à traîner, puisque j’attends XH en début d’après-midi et je dois finir de faire place nette. Un message de J m’indique qu’A n’est pas remis. Il ne mange pas, ne boit pas. Je bricole, rappelle J en milieu de journée pour lui dire que j’appellerai notre vétérinaire. Ponctuel, XH arrive en forme. Nous passons le bureau par la fenêtre sans problèmes, allons chercher la table de salle à manger, les chaises dans la camionnette. Il repartira avec un banc que sa compagne P a accepté de récupérer. Avant de partir, il s’assoit pour causer un peu du contexte de la librairie. Il a pu acheter quelques livres, a bien travaillé vendredi dernier, malgré le contexte compliqué de guerre, de choc pétrolier, d’élections. Nous continuons à vivre quand le monde se délite. J’appelle la vétérinaire. Elle me donne rendez-vous une heure et demi plus tard, juste le temps de convenir avec J que je viendrai chercher A, afin qu’elle puisse souffler un peu. Au cabinet, il se montre dolent et réfractaire aux interventions, il sera sédaté par deux fois, mais nous devrons le tenir à quatre, deux vétérinaires, une assistante et moi pour lui prélever un peu de sang. Pour la radio, il se montrera plus coopératif. Le diagnostic tombe, il est fort probable qu’il souffre de piroplasmose, après une piqûre prolongée de tique. La vétérinaire lui administre un traitement par injection. Si son état ne s’améliore pas demain, il faudra revenir. Oui, mais j’ai prévu d’aller à M pour le concert de Bertrand Belin. J pourra s’en charger. Je rapatrie l’animal chez elle, qui me propose de dîner. Elle me raconte ses problèmes de travail. Ils lui donne beaucoup de soucis, peu de revenus pour un travail colossal. Nous ergotons sur le statut d’entrepreneur, son stress inhérent, son instabilité. Je suis peiné que J se ronge, et, à la fois, heureux que notre soin pour A et M nous permette de garder un lien étroit, confiant. J refuse que je lui apporte mon aide financière. Bien sûr, je comprends, elle se trouve déjà endettée auprès de moi et l’acceptation d’une aide révèle toujours des déséquilibres, sociaux, de genre… Je repars pour procéder à la corvée de colis, que je n’ai pas eu le temps d’effectuer. Pas de saisie de stock aujourd’hui. Pas plus, je n’ai eu le temps de faire poser les nouvelles plaques minéralogiques sur la voiture.
Alors que je me trouvais chez le vétérinaire, je reçois deux petits messages d’Elle pour m’informer qu’elle ne pourra pas me voir demain. Plus tard, à tête reposée, je lui répondrai que sans réponse de sa part, je m’étais organisé autrement, ce qui somme toute est juste. Ainsi je ne la reverrai pas cette fois encore. J’en garde un sentiment mêlé de soulagement et de déception.
J m’envoie un message pour me dire qu’A a enfin bu un peu d’eau.
J m’envoie un message pour me dire qu’A a enfin bu un peu d’eau.