La chaleur est tombée sur la plaine aujourd’hui, je me réveille presque en nage, il faudra ouvrir la fenêtre de la chambre la nuit prochaine. J’édite mes commandes et sors sous un grand soleil avec les chiens. J arrive quelques minutes plus tard. Un pansement lui barre la clavicule droite, un chirurgien lui a retiré un kyste à cet endroit en début de semaine. Malgré tout, elle dit se sentir mieux, « dans une période de transformation », tant mieux. De passage pour tâter du pelage de nos amis, elle repart sans eux rapidement. Je descends au sous-sol m’acquitter de la tâche de colis. Par ce temps, on voudrait ne pas travailler. Je termine en début d’après-midi, avant de prendre une douche, de partir pour la poste puis C, avec trois litres d’huile d’olive bio, cadeau pour RM, dont c’est l’anniversaire demain. Il se montre touché. Peu de monde déambule dans la librairie ce jour. Je papote avec A et N, puis je rejoins la place des D, où PM lézarde sous un parasol, attendant le client. Je lui apprends que la mairie de M a enfin donner son autorisation pour le déballage dans une semaine. Une dame lui achète un petit lot de livres de poche. Elle nous entretient de son fils et de sa fille, plus jeunes que moi. Cette femme me parait bien plus âgé que ma mère, et pourtant. Je salue KZ, m’acquitte de mes dettes envers lui. J’avais emporté de son stand la semaine dernière un très beau cartonnage de Theuriet Nos oiseaux, en parfait état. Je rejoins XH plus loin vers la bibliothèque. Nous buvons un verre sur une terrasse tandis qu’il surveille son stand. Je lui paye un livre de Robert Darnton, Apologie du livre. DM nous entretient de son désir de déballer deux fois par mois à M, mais nous doutons du bien-fondé d’une telle mesure. Multiplier les déballages n’augmente pas le nombre de clients, mais les disperse sur plusieurs dates à notre avis. Je repasse par la librairie, repars avec un cadeau pour ma mère, une bande-dessinée que je lui donnerai le mois prochain, quand j’irai rejoindre mes parents à C pour vider l’appartement de JF. Je repars aussi avec un bon paquet d’emballages cartonnés que les libraires ont eu la gentillesse de me mettre de côté. De retour, nous partons A, M et moi par le centre, longeons le cimetière. Comme à leur habitude à cette heure, les chiens se mettent à jouer ensemble. Je saisis mon lot quotidien de livres en stock, puis m’attarde sur la terrasse. Des voisins rient et parlent fort dans le quartier, les chiens courent dans l’herbe grasse derrière une balle, le soir tombe dans toute sa douceur, crépusculaire. Un jour heureux, s’il en est.