J’achève mes colis juste avant midi, ce qui me permet de faire un saut rapide à la poste et au relais colis. A joue avec un cochon en peluche que lui a offert CL, la voisine. Avant ce soir, le jouet sera vidé de sa garniture, égorgé et borgne. Je pars à G peu avant 14h chez XH. Il me reçoit avec un café, une tarte aux pommes, une meringue. Nous parlons amicalement du métier, de son déballage à la foire de St-L le week-end dernier, d’éventuels modifications à apporter à la promotion de notre association de libraires. Puis XH m’entraîne dans sa remise, où sont stockés une dizaine de cartons de Pléiades. Finalement, il s’est décidé à acheter seul les 500 exemplaires qu’il a trouvés, par hasard, sur un site de vente dans la nord de la région. Je choisis les quatre volumes des oeuvres de Marguerite Duras, le cinquième des oeuvres romanesques de William Faulkner, ainsi que le volume de nouvelles et le premier volume des oeuvres romanesques de Philipp Roth. J’insiste pour payer mon dû, mais XH m’octroie une bonne remise, y ajoutant un volume de régionalisme, dont il ne sait que faire. Il me montre un cartonnage des Animaux illustré par Grandville chez Hetzel. Il prévoyait une restauration, mais elle s’avèrerait trop coûteuse et donc pas rentable. Je repars en fin d’après-midi puisque les chiens m’attendent et que je crains laquelle mauvaise surprise me réservera A, en des absences trop prolongées. XH se montre plus détendu les derniers temps. La pression financière nous accable parfois durement dans la métier. Quand j’ouvre la porte, A n’a pas mis la maison sans dessus-dessous. Nous partons, lui, M et moi par le pré, l’allée des marronniers, le centre sous un temps agréable. je me décharge ensuite de mon lot de saisie quotidien.
La vie passe doucement vers sa fin.