Mardi 16 décembre 2025

Posted By: Gabriel Feret In: Journal d'un libraire On: mardi, décembre 16, 2025 Hit: 25
Après une promenade réglementaire avec les chiens, de retour depuis hier, je fends le brouillard vers K pour aller rencontrer M. C qui me destine quelques livres. J’avais déjà fait affaire avec ce monsieur l’année dernière. Il est probable qu’il récupère des biens et des livres pour les vendre à des professionnels et ainsi arrondir ses fins de mois. Il se montre trop courtois pour paraître sincère et difficile aussi, mais je repars malgré tout avec une cinquantaine de bande-dessinées et quelques livres. Pas l’affaire du siècle, mais je m’en sortirai. Au retour, je passe à C voir A, N et R à la librairie. Débordés en cette période, ils m’accordent sympathiquement chacun quelques minutes. R me donne des cartons d’emballage de récupération. A m’offre un livre emballé dans un papier cadeau vert, que je lui promets d’ouvrir le moment venu. Je repars aussi avec deux livres, dont les actes d’un colloque sur la réception de Nietzsche en France. De retour, je descends au sous-sol emballer mes colis. Ces gestes répétitifs me lassent ces derniers temps, même si je sais que le nombre d’envois m’apporte du chiffre d’affaire. Il me tarde d’arriver en fin de semaine. Je me suis promis de lever le pied, de ranger mon bureau, de prendre un peu de temps pour moi, en attendant l’arrivée d’AC dans deux semaines. J’aurai bien travaillé cette année, certainement mon année la plus remplie et sans doute la plus rémunératrice, ce qui signifie en substance que je n’aurai pas perdu d’argent ou très peu. Je pars à la poste, pleine de personnes qui adressent des colis à leurs proches, mais j’ai le privilège de déposer sans passer par le guichet et de repartir. Je passe au relais colis. De retour, je m’allonge avec l’intention de lire, mais m’assoupis, entouré de mes chiens. Sages, il me transmettent leur chaleur sous le simple plaid. Quand j’ouvre un oeil, la nuit est tombée. Nous repartons en promenade. A est agité, chasse de la nourriture partout. Il finit par engloutir un morceau de sandwich que je n’avais pas repéré sur le trottoir. Nous revenons par le centre. Je réponds à un client suisse qui me demande un envoi groupé de Quick et Flupke d’Hergé. Après le dîner, je reprends la saisie. J’ai ressorti par hasard un carton du lot d’ADC et le temps de saisie s’avère bien plus long que les livres du lot de C, du printemps dernier et que je n’ai pas cessé de traiter depuis. Ce lot m’aura couvert la moitié de l’année. 
Hier, avant de filer vers M récupérer M et A, je suis allé voir BD chez lui dans la vallée de M. Il habite dans un sombre lieu, genre de zone industrielle désuète et pauvre, qui m’a évoqué le temps où j’habitais à J. Malgré tout, BD semble se sentir bien dans ce lieu. Il a installé son petit atelier dans sa cave, ses scies, son tour à bois, prenant bien soin de ne pas importuner ses voisins. Il me montre ses collections de bois, précieux ou simples pieds de vigne, coquilles de noix, avec lesquels il crée ses stylos. Nous montons chez lui boire un café. Je choisis quelques stylos à offrir, et l’un, en Palo Santo, que je me réserve. Je compte me remettre à l’écriture manuscrite.